SEILLANS
À la Magnanerie : Le non-être est.


Les rebuts, les restes méritent autre chose que la répulsion ; l’éviction ; voire la suspicion d’illégalité. Le reste n ‘est pas insignifiant, il porte en lui un vécu, une histoire, c’est une ressource en attente.

L’art contemporain trouve dans le reste un instrument de création, de re-création.

De Kurt Schwitters et son Merzbau au début du XXème siècle, en passant par la danseuse de Miro, la chèvre de Picasso ou de Rauschenberg aux toiles gothiques de Christian Boltanski, la liste est longue des artistes qui ont utilisé les rebuts, les déchets, les restes pour construire leur univers.

La Magnanerie de Seillans présente du 11 octobre au 22 décembre 2012 trois artistes contemporains qui  par leurs travaux modifient notre façon de voir, de traiter les rejetés, les déchus.

La recherche esthétique de Jacques Renoir, photographe, le porte à révéler cette beauté cachée d’objets mis à rebut. Par son travail il modifie radicalement notre vision des canettes de Coca Cola, des plaques d’immatriculation ou des affiches de métro déchirées. Ses œuvres en relief donne une dimension plus abstraite aux rebuts. En se déplaçant devant les reliefs l’image qu’ils nous renvoient se modifie, le relief devient mystérieux, évocateur.  Un reste de fuel lourd devient un Soulages.

Pour Serge Crampon, plasticien,  le rebut n’est plus un simple matériau mais une protosculpture. Il utilise son expérience, son vécu artistique pour donner une expression esthétique à des limons, quenouilles, brindilles et autres déchets trouvés dans la Loire. Le limon  devient une sculpture, un morceau de tronc flottant à forme humaine exprime toute sa beauté avec un bronze patiné.  Des maïs coupés nous ramènent à l’écriture originelle, des signes déposés sur un espace.

Claude Montserrat , philosophe avec son portfolio « La Petite Ontologie du Reste » remet en cause la perception du rejeté, déchu, du rien. Pour Claude ce presque non-être a une vie, faite d’esprit d’attente et de caresse. Claude nous invite à penser que l’être qui ne l’est plus, parfois le reste encore et que contre toute attente, il peut être remis entre les mains de l’existence.

Jacques Renoir et Serge Crampon nous en font une démonstration esthétique évidente.



Exposition « Ontologie du reste » à la galerie Beddington Fine Art. La Magnanerie de Seillans.
Ouverte le jeudi et le vendredi de 15h00 à 18h30 et le samedi de 10h00 à 18h00.
Également sur rendez-vous en appelant
Guy Beddington : +33 6 80 111 763 - Roland Daumesnil : +33 6 09 18 66 02

 

 
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