Marc PIANO – sculpteur céramiste

Red Bull
Sculpture céramique – 2012 – Dim : H 72 cm

Red Bull
Sculpture céramique
Dim : 83 X 40 X 57 cm

Red Bull
Sculpture céramique
Dim : 83 X 40 X 57 cm

Red Bull
Sculpture céramique
Dim : 83 X 40 X 57 cm

Ceramic sculpture / Sculpture céramique – 2010
 Dim : H 150 cm   Ø 23 cm

Ceramic Sculpture / Sculpture céramique – 2010
Dim : H 110 cm   Ø 44 cm

Colonne bleue
Ceramic sculpture / Sculpture céramique – 2010
 Dim : H 150 cm   Ø 23 cm


Marc Piano was born in Cannes on 8th August 1964.
From the age of 11, he discovers ceramics in Vallauris spending his holidays in the ateliers, particularly that of Pascali, where Jean Marais’ creations are produced.

1980-1983 Signs up to a course at Jean Matthieu’s studio, the Pitop, Vallauris.
1983-1986 Matthieu takes him on formally as ‘tourneur’ for the series ‘Arts de la table’.
1986-1988 Opens his first atelier ‘Atelier du Temple’ at 17, Rue Hoche, Vallauris.
specialising in creation of limited edition ceramics.
1988 Having sold his studio, he sets off for New Caledonia for a year teaching ceramics, then on to Brisbane, Australia where he spends five months creating functional ceramics for an art gallery.
1990-1992 Settles in the pottery village of Salins in the Doubs region creating large format pieces for local ceramicists.
1992. Marc Piano is involved in the conception and realisation of a series of lighting ceramics for Jacques de Tonge.
1993-1995 So as to enrich and widen his experience he is engaged to create large format pieces at the Innocenti studios in Aubagne, the Marseille Faïence manufacturer.
1995 Following his father’s death, he returns to live and work in the latter’s atelier in Rue de Cannes, Vallauris.
1995-1998 In parallel with producing editions for de Tonge, he creates a personal production of unique pieces – the Monster series.
1998-2009 Having re-developed the old pottery building and built his own studio as a place for creating, experimenting and exhibiting, he strengthens his position by joining the ‘StArt’ Association based in Nice, specialised in organising art events and publishing books by and on artists.

His studio/gallery henceforward becomes a favoured place for cultural encounters and a number of exhibitions every year uniting a number of local artists connected to this Association, and his encounters, particularly with Bernard Abril and Rey Bos become the source for lively debate and exchange of ideas…an extremely rich and stimulating period for his creativity in an atmosphere of extreme conviviality.
In seeking to grasp the creative processes of those artists encountered, Marc learns to evolve and advance his own work and render more meaningful the methods to render visual his own ‘inner’ world.
Through his artistic gesture he gives free expression to what he feels and breathes, how he perceives his own body, daily family life around him. An experimentation that leads him, inter alia, to question the notion of ‘the boundaries of normality’, which can be evidenced in each of his creations.
Henceforward his ceramic and sculptural work advances towards an individual creativity that shrugs off the limitations of belonging to any particular artistic movement, but displaying a sensitivity to the work of Germaine Richier to the philosophy of Antonin Artaud and to the Surrealist Movement.
His open-mindedness and interest in local contemporary artists leads to joint creations
With such as Patrick Bocca Rossa, Philippe Baldacchino, Renaud Lembo, Jean-Salvator Parisi, Bernard Allgand, Jürgen Waller and with Olivier Roy.
If his sculptures can be defined, then archaic and ancestral evolving towards the totemic via a sombre and fabulous bestiary comes closest.

2005 Marc Piano occupies the post of conference-giver and professor of modelling and ceramics at the International Academy of Arts, Vallauris.
2010 The publisher, Jacques Leloup orders a column to be founded in bronze as an edition of eight.
2011 Marc Piano collaborates with the artist from Nice, Patrick Moya, creating  ceramic objects.
2012 Collaboration with Bernard Abril, the Land Artist, to create monumental sculptures and  his « Red Bull » series.
2013 Preparation for his exhibition « In the footsteps of the Minotaur » at the Salle Eden Musée Magnelli- monumental sculptures and the creation of a wall in terracotta.
Collaboration with the  publisher ARTSTOARTS – exhibition catalogue  « In the footsteps of the Minotaur »- Editions Ex-Libris- Edition « Vinum » Château Saint Jean de Belley- Nice –  Mouans-Sartoux Book Festival.

Rejecting the label ‘potier’ as too restrictive, he prefers the title ‘l’homme de la terre’ for his artistic expression is directly related to the rhythm and progression of the ‘terre’ or clay in its uncompressible timescale evolving through shaping and firing which leaves him immune to the agitation of the modern world, visible in the strength and serenity that he exudes. Heir apparent to the ‘New Figuration Movement, and to artists such as Combas, Marc Piano pursues with conviction his historic quest with an evidently ‘Picassian’ enthusiasm.

As part of the events organised by the City of Cannes , an exhibition in honour of Marc Piano entitled « Marc Piano, the privilege of invention » takes place in 2010 at the Espace Miramar in Cannes, curated by Fréderic Ballester, director of the Centre d’Art  La Malmaison.

2013   » Sur les Traces du Minautore » Espace  EDEN Musée National Magnelli Vallauris

2014 « Mouv ‘ance »avec Jacques Renoir Like Art Gallery Mandelieu
          Hommage à Georges Braque Exposition « La Magie de l’Estampe »- Centre d’Art  La Malmaison, Cannes
          Présentation Editions « Vinum » Château Saint jean de Belley, Nice
2013  Salon du Livre de Mouans – Sartoux
2012  Festival du Peu Bonson, France
2011  Exhibition Piano- Moya, Vallauris
          Chapelle  de L’Observance, Draguignan, France
2010  « Sculptures en Liberté » Roquebrune sur Argens, France

Article » le Magazine de la Technopole Sophia Mag », January 2014
Catalogue « Sur les traces du Minautore » Collection « Fragments d’Artistes » Editions Artstoarts, August 2013
Article « la Strada » N°197, August 2013
France Delville, feature www.artcoted’, July 2012
Catalogue « Le Privilège  de l’Invention » introduction by  Frédéric Ballester Editions Images en manoeuvre, August 2010
Interview Luxe Immo,, 2010
Renaud Brandi, France Delville, catalogue of the exhibition « Le Monde Blanc- Editions StArt Nice, 2009

Beddington Fine Art Sculpture Garden, Bargemon
Purchase by the Drac, Ville de Cannes, la Malmaison
Galerie Reg’art, Roscoff
GalerieXXI, Paris
Galerie Birgit Waller, Bremen, Germany
Galerie Chrisbroc L’Arisbrèle, Lyon


Marc Piano est né le 8 août 1964 à Cannes.
Dès l’âge de 11 ans, c’est à Vallauris qu’il découvre la céramique, en passant les vacances scolaires dans les ateliers, plus particulièrement celui de Pascali, lieu de fabrication des créations de Jean Marais.

1980-1983 Inscrit à une formation de potier en alternance, il travaille à l’atelier de Jean Mathieu, le Pitop, situé à Vallauris.
1983-1986 L’atelier de Jean Mathieu lui propose un poste de tourneur spécialisé dans la réalisation de séries Arts de la table.
1986-1988 Il crée son premier atelier l’atelier du temple, au 17 de la rue Hoche à Vallauris dans le cadre d’une production axée sur la série.
1988 Après avoir vendu son atelier, il effectue en Nouvelle-Calédonie un séjour d’un an pendant lequel il donne des cours de céramique de loisir. Puis, il poursuit son périple en Australie, à Brisbane, où il travaille pendant cinq mois dans un art shop, à la réalisation de céramiques utilitaires.
1990-1992 Installé dans le village de potiers de Salins dans le Doubs, il se spécialise dans la réalisation de pièces de grandes dimensions à la demande de différents potiers locaux.
1992 Marc Piano participe à la conception et à la réalisation d’une ligne de céramiques luminaires pour Jacques de Tonge.
1993-1995 Afin d’enrichir ses connaissances, il diversifie ses expériences professionnelles en réalisant des céramiques de grandes dimensions à Aubagne, dans l’atelier Innocenti, faïencier de Marseille.
Il réalise également des faïences en grès de type utilitaire dans les ateliers de Taber, situés à Gardanne et à Gréasque.
1995 Suite au décès de son père, il revient vivre à Vallauris dans l’atelier de céramique que celui-ci y possédait, rue de Cannes.
1995-1998 Parallèlement à la fabrication de céramiques de série pour de Tonge, il réalise une production personnelle de pièces uniques : série des Monstres.
1998-2009 Après avoir restructuré le bâtiment de l’ancienne poterie où il s’est installé, il y aménage son propre atelier. Il en fait un lieu de création et de recherche personnelles ouvert sur la création artistique contemporaine et renforce cette position par son adhésion à l’association niçoise StArt, spécialisée dans l’organisation d’évènements culturels et l’édition de livres d’artistes.

Son atelier-galerie devient alors un lieu de rencontres : plusieurs expositions regroupant différents artistes locaux affiliés à cette association s’y tiennent chaque année. Ces rencontres, entre autres celles avec Bernard Abril ou Rey Bos, sont sources de débats et d’échanges importants pour sa créativité. C’est pour lui une période stimulante,
riche en confrontations dans un contexte de grande convivialité. En cherchant à comprendre les processus créatifs des artistes côtoyés, Marc Piano saura faire évoluer ses travaux et donner du sens à ses recherches essentiellement orientées vers la visualisation de son monde intérieur.
À travers son geste artistique, il donne libre expression à ce qu’il ressent : sa respiration, son corps, sa vie au quotidien avec sa famille. Ses expérimentations le conduisent entre autres, à interroger la notion de « limites de la normalité », démarche présente dans chacune de ses créations.
Et c’est vers une création personnelle de sculptures, de céramiques qu’il s’oriente, dans une démarche plasticienne en dehors des modes ou d’une appartenance à un quelconque mouvement artistique, tout en revendiquant une sensibilité particulière vis-àvis des créations de Germaine Richier, de la philosophie d’Antonin Artaud et du mouvement surréaliste.
Son ouverture, sa disponibilité envers les artistes contemporains locaux l’amènent à la réalisation de créations communes avec des artistes tels que Patrick Bocca Rossa, Philippe Baldacchino, Renaud Lembo, Jean Salvatore Parisi, Bernard Alligand, Jürgen Waller ou encore Olivier Roy. Sculptures de type archaïque, ancestrales, les oeuvres de Marc Piano évoluent vers un art de type totémique, à travers un bestiaire sombre et fabuleux.

2005 Marc Piano a l’opportunité d’occuper un poste de conférencier et professeur de modelage et de céramique à l’International Academy of Arts de Vallauris.
2010 Les éditions Jacques Leloup passent commande d’une colonne destinée à être coulée en bronze et reproduite en huit exemplaires.
2011 Marc Piano collabore avec l’artiste niçois Patrick Moya pour l’ élaboration d’objets en céramique.
2012 Collaboration avec Bernard Abril artiste du mouvement Land Art, réalisation de sculptures monumentales et série des « Red Bull ».
2013 Préparation de l’exposition « Sur les Traces du Minautore » à la salle Eden Musée Magnelli- pièces monumentales et création d’un mur en terre. Collaboration avec les Editions ARTSTOARTS – catalogue de l’exposition « Sur les Traces du Minautore »- Editions Ex-Libris- Edition « Vinum » Château Saint Jean de Belley- Nice – Salon du Livre de Mouans-Sartoux.

Refusant l’étiquette de potier, trop restrictive à son goût, il revendique le statut d’« homme de la terre ». Et c’est au rythme du « temps de la terre » qu’il s’exprime, que ses créations prennent corps, temps incompressible rendant cet artiste imperméable à l’agitation du monde contemporain, comme en témoigne cette force tranquille qui se dégage de lui. Héritier de la « Nouvelle Figuration » et d’artistes tels que Combas, Marc Piano poursuit inlassablement son travail d’« écriture d’histoires » à l’aide de bouts de terre dans une démarche sensiblement « picassienne ».

Dans le cadre des manifestations organisées par la ville de Cannes , une exposition consacrée à Marc Piano qui s’intitule « Marc Piano, le privilège de l’invention » se déroule pendant l’été 2010 à l’espace Miramar à Cannes. Le commissariat de l’exposition est assuré par Fréderic Ballester, directeur du Centre d’Art La Malmaison.


2013 « Sur les Traces du Minautore » Espace Eden, Musée National Magnelli, Vallauris.
2010 Espace culturel MIRAMAR, Cannes / France
2009 Jas de la Rimade, Carcès / France
2008 Abbaye de Lérins à Cannes / France
2007 Galerie XXI, Paris / France
2006 Inauguration de la Médiathèque de Cannes / France
Musée Magnelli, La Nuit des Musées, Vallauris / France
2005 Exposition « Sortir de Terre » , Mairie Valbonne / France
Galerie XXI / Paris / France
2004 Marché de la Pièce Unique, Lavardens / France
Galerie du Park, Braunschweig / Allemagne
2003 Internationale Academy of Art, Vallauris / France
Galerie Birgit Waller, Bremen / Allemagne
2002 Marché de la Pièce Unique, Vallauris / France
2001 Biennale céramique, Lyon / France

2014  » Mouv ‘ance » avec Jacques Renoir Like Art Gallery, Mandelieu
Hommage à Georges Braque Exposition « La Magie de l’Estampe »- Centre d’Art La Malmaison, Cannes
Présentation Editions « Vinum » Château Saint Jean de Belley, Nice
2013 Salon du Livre de Mouans – Sartoux
2012 Festival du Peu Bonson / France
2011 Exposition Piano- Moya Vallauris Chapelle de L’Observance, Draguignan
2010 « Sculptures en Liberté », Roquebrune sur Argens2010 Parc de la Galerie Beddington Fine Art, Bargemon/ France
2009 Chapelle Saint-Esprit , Valbonne / France
Maison des Artistes, Cagnes sur mer, France
FRAC, Centre d’art « La Malmaison », Cannes / France
2008 Prieuré Bénédictin, Champdieu / France
2007 Elan d’Art, Corum de Montpelier / France
2006 Puls’Art, Le Mans / France
2005 « Céramique des années 50 à nos jours » Galerie Chrisbroc, Lyon / France
« Changement de Lieu », Institut Goethe, Budapest / Hongrie
6ème Festival d’ art singulier , Bannes / France
Foire internationale Art contemporain, Genève / Suisse
« Terre de Feu », Galerie Turbulences, Falicon / France
Centre d’ Art contemporain, Brême / Allemagne
Association StArt, Cagnes sur mer / France
2004 XIX Rassegna di Art Contemporena, Borgetto Cento Spirito / Italie
5ème festival d’ art singulier, Bannes / France
« Céramiques Insolites » Tuilerie de Pouligny Chenier / France
5ème salon de la céramique contemporaine St Cergue (Suisse)
2003 « De Vallauris au Val d’ Or », Paray le Monial / France
Centre Culturel de Garbejaire, Sophia Antipolis / France
2001 « Terre d’ ici » Galerie du Presbytère, Berre les Alpes / France

Article » le Magazine de la Technopole Sophia Mag », janvier 2014
Catalogue « Sur les traces du Minautore « Collection « Fragments d’Artistes » Editions Artstoarts, août 2013
Article « la Strada » n°197, août 2013
France Delville, reportage www.artcoted’, juillet 2012
Marc PIANO, Rétrospective 2010
Textes de Frédéric Ballester catalogue « Le Privilège de l’Invention » Centre d’art La Malmaison, Cannes, 2010
Renaud Brandi, France Delville, catalogue de l’exposition Le Monde blanc, Éditions StArt, Nice, 2009
Jürgen Waller, Hector Nabucco, plaquette de l’exposition de Marc Piano dans les ateliers de l’International Academy of Arts de Vallauris, Éditions StArt, Nice, 2003

Parc de la Galerie Beddington Fine Art, Bargemon
Achat de la Drac- Ville de Cannes, la Malmaison
Galerie Reg’art, Roscoff
Galerie XXI, Paris
Galerie Birgit Waller, Brême, Allemagne
Galerie Chrisbroc L’Arisbrèle, Lyon

« Le merveilleux est toujours beau, il n’y a même que le merveilleux qui soit beau »

Qu’il décline le surréalisme au mode du fantastique ou de l’enfance, André Breton pourrait tenir lieu de mentor à Marc Piano, si ce dernier n’avait depuis longtemps déjà explosé tout repère l’enfermant dans une quelconque filiation artistique.
Bien avant que l’air du temps n’en fasse un phénomène de mode, le surnaturel selon Piano a transcendé les frontières de la normalité, tandis que son bestiaire atteint à l’atemporalité des chimères.
Imaginaire inquiétant ou malicieux sollicité dès le titre de l’œuvre, expressionnisme fantasque, figurations dignes d’un trip gainsbourien au pays des papous et leurs totems, des sorciers indigènes et leurs sarbacanes sacrifiant aux cultes ancestraux, l’« homme de la terre », imperméable aux agitations contemporaines, façonne avec tendresse l’histoire de ces créatures qui frappent à la porte de ses rêves.
Cannois de naissance, vallaurien d’adoption, c’est en écho à la biennale internationale Création contemporaine et céramique de la « cité d’argile », fief des grands maîtres de l’art, que Marc Piano présente à l’Espace Miramar de Cannes sa Rétrospective 1995-2010.
De l’archaïque au visionnaire, du mastodonte à la bactérie, de la fantasmagorie à l’ironie, des obsessions de l’enfance à l’aventure en terre maorie, voici une invitation à un voyage en bateau ivre, à goûter comme une odyssée envoûtée par quelque rituel haka ou encore comme un drôle de drame à la Prévert :
« Moi j’ai dit bizarre, bizarre… comme c’est étrange ! »

Bernard Brochand
Député-maire de Cannes

« The wonderful is forever beautiful, and there is beauty beyond what is wonderful. »

Whether exploring the fantastic by way of Surrealism or through a child’s perspective, André Breton could well have stood as Marc Piano’s mentor, had the latter not long ago shed any link with whatsoever artistic movement!
Well before trendiness became a contemporary phenomenon, for Marc Piano the supernatural had transcended the frontiers of normality and his bestiary had earned the intemporal values of chimera. 
A disturbingly vivid imagination, playfully wicked as required of the title of each work, fantastic form and expression worthy of a Gainsbourg trip into the world of Papuans and their totems, native sorcerers and their blowpipes making sacrifice to their ancestral cults, this ‘homme de la terre’, remote from current-day angst, shapes with sensitivity the history of these creatures that knock on the door of his dreams. 
A native of Cannes, but Vallaurisian by adoption, it is as a major echo of the International Biennale of contemporary ceramic creation of this ‘City of Clay’, and fiefdom of the greatest masters of this art, that Marc Piano presents at the Espace Miramar his Retrospective 1995-2010.
From the archaïc to the visionary, from mastodon to bacterium, from fantasmagoric to ironic, from childhood obsessions to adventures in Maoriland, we are presented with an invitation to a voyage by erratic drunken steamer to be enjoyed like a mystic odyssey through some haka ritual or even like a crazy play by Prévert:
« Yes, I said bizarre, bizarre… how extraordinary it is ! »

Bernard Brochand
Deputy Mayor of Cannes

Marc Piano, le privilège de l’invention

Au diable l’avarice !

C’est bien dans un contexte opportun et ancré dans un temps partagé avec la XXIe Biennale  internationale de céramique contemporaine de Vallauris, que s’improvise à Cannes une présentation monographique des œuvres singulières du plasticien et céramiste vallaurien, Marc Piano.
Le village de Vallauris, qu’il enrichit de sa créativité et qui est sien depuis son enfance, est certes un lieu de prédilection, dans une Provence où se pratiquait dans le passé, avec rusticité, une production recherchée autour de la terre cuite vernissée. Car c’est depuis des temps immémoriaux que résiste, en ces murs de mémoire un art de tradition attaché à la poterie culinaire.
Ce savoir-faire ancestral résulte à la fois de la qualité d’une argile extraite in situ, parmi les collines qui bordent Vallauris et les vallons qui surplombent Sophia-Antipolis, mais aussi du savoir-faire légué par de judicieux et fidèles artisans. L’âme d’alchimiste qui régnait dans ce monde d’ouvriers est toutefois sublimée par une maîtrise incontestable des cuissons flammées au bois.
L’art du feu, par magie, libère une argile gourmande, qui absorbe comme une peau des couvertes onctueuses, verrines aux couleurs vives de nature.
La fin du XIXe siècle verra l’application issue de cette tradition
distancée par la richesse créative et l’intense production proposée par la famille Massier, principalement Clément, Delphin et Jérôme.
Ces trois protagonistes en leur temps, grâce à l’expérimentation, l’innovation et l’éclectisme, sauront traduire l’esprit de la poterie usuelle en une idée nouvelle, qui requiert dans la forme, la notion intrinsèque d’objet d’art, tout en clarifiant les fondements d’une nouvelle esthétique. De cet élan salvateur, résultera une contribution active au sein de l’art nouveau.
C’est durant cette période sensible qu’apparaissent les idées au travers desquelles se projetteront les avant-gardes artistiques.
Un esprit nouveau est né, qui par son rayonnement, libère la céramique de son enfermement, en faisant un art en reconnaissance et la menant à terme vers son autonomie.
Malheureusement, entre les deux guerres, la production vallaurienne issue d’une longue tradition est victime d’un déclin. Dès lors, la ville subit une récession dans son activité phare et les crises qui se succèdent provoquent la fermeture de nombreux sites.
À cela s’ajoute la découverte de nouveaux matériaux usinés dans des alliages de métal ou issus du pétrole, qui supplanteront et mettront en péril la production culinaire, jusque-là réalisée en terre cuite vernissée.
Ces matières métalliques et plastiques issues des sciences industrielles et qui s’imposent alors dans la modernité, sont au cœur d’un choix opéré par une société de consommation naissante, avide de nouveauté.
Vers la fin des années trente, la ville de Vallauris, comme désertée de son peuple d’ouvriers artisans ne tardera pas à renaître de ses fondements, grâce à la venue dans ses murs d’une nouvelle génération de créateurs, d’artistes pertinents et assoiffés de liberté, qui trouveront dans la cité recluse dans le silence, des ateliers tombés en désuétude.
Il faudra toutefois attendre l’arrivée de Suzanne et Georges Ramié, créateurs de la poterie Madoura, pour une reprise décisive de l’activité céramique, reprise confortée par leur rencontre avec Picasso.
Dès 1946, ce dernier participe à l’atelier en réalisant les prototypes d’une prodigieuse production qui mettra fin aux désarrois de la ville.
Ce sera bien sous un ciel azuréen, que se grisent à nouveau les fumées de bois qui brûlent et hurlent la passion du feu enfoui au plus profond des enfournements, là où se révèle de l’attente le miracle de la beauté des choses en création.
Les œuvres de Marc Piano se conçoivent ainsi depuis la fin du XXe siècle. Elles résultent d’un parcours rétrospectif qui explore une recherche compromise pendant quinze ans.
Le répertoire ainsi élaboré, sa présentation s’impose par un choix délibéré et opéré en partie dans la collection du sculpteur : l’ensemble monographique constitué retrace des expériences volontaires, les objets créés s’extirpent des phases diverses de créations, ils se composent avec assiduité par un esprit forgé en autodidacte.
En dépit du socle de référence que représente cette dernière analyse, Marc Piano ne souhaite pas que l’on s’attarde sur son passé. Il occulte, dans sa vie d’homme, une étape essentielle de plus de vingt ans de travail, en amont de la période qui nous est donnée à voir.
Ce temps qu’il désapprouve est relatif à son premier métier de tourneur, activité à ses yeux uniquement lucrative.
Il dit l’avoir pratiqué aussi bien pour survivre et plus encore pour vivre un temps aux fins fonds de la Nouvelle-Calédonie et de l’Australie.
C’est tout à son honneur, puisque de cette expérience, il a tiré un sens inné de l’équilibre et de la mise en situation des objets dans l’espace.
Marc Piano pratique un art sculptural dont les techniques de la céramique l’occuperont pour le reste des ses jours. C’est cependant bien au cœur de Vallauris que son langage s’est affiné, avec force et raison, bien après la vague fructueuse des grands noms de la céramique.
Car dès la fin des années quarante, Picasso et ses nombreux invités du monde de l’art faisaient déjà de la cité azuréenne le centre du monde, par leur créativité et leur richesse humaine. La victoire de Marc Piano sur l’esprit, qui marquera l’imaginaire de toute une génération d’artistes, prend forme par la distance établie dans sa recherche et qui le transporte vers un univers d’une singularité pareille à aucun autre, sinon celui de sa propre vie.
Avec une réelle concupiscence, Marc Piano désinhibe son esprit de la fantasmatique débordante du temps.
Toutefois, il sait mêler, dans ses inventions surréalistes, un bestiaire aux formes zoomorphes ou hybrides, des idées puisées au cours de ses nombreux voyages – comme de sa rencontre avec le peuple kanak – son admiration des multiples végétations exotiques observées au cours de ses longues marches ; des images incrustées et retenues aux sources de son imaginaire et dont il a su tisser, dans son exploration, des sentiments expressifs liés par une constante de primitivité.
L’œuvre totémique de Marc Piano s’éprouve dans l’affiliation à l’histoire la plus ancienne de la céramique, mais s’affirme aussi dans la chronologie des artistes guidés par l’esprit de liberté insufflé par le génie picassien, tels que Roger Capron, Jean Derval, Roger Picault, Roger Collet, Gilbert Valentin, Les Argonautes, André Baud, Paul Chambost, Gilbert Portanier, Eugène Fidler, Jacques Innocenti, Alexandre Kostanda, Robert Pérot, Palmyre Malarmey, François Raty, Gustave Reynaud, Michel Anas, Olivier Roy et tous ceux qui ont participé au renouveau de l’art de la terre et du feu.
Marc Piano, par la vision imaginative qui le possède et que l’on peut déceler par un simple regard porté sur la moindre parcelle de terre cuite, rend compte d’un monde où tous les archaïsmes représentés sont le privilège de l’invention.
Ils s’entrecroisent dans ses constellations miraillées, ses colosses campés comme des dieux puisés de mythologies soudaines.
Leurs chairs de mutants, épuisées par la matière d’une terre de chamotte pigmentée au manganèse, souffrent d’une cuisson menée à bout de souffle.
Tous, alignés comme des ancêtres, bordent nos rêves d’aventures, au fond des passages où se rencontrent des esprits aux idées tribales. Réinventés par la terre, l’eau et le feu, ces peuples inouïs respirent séparément le silence, comme les peuples qui observent dans l’obscurité de la nuit, autour d’un feu, l’avenir qu’ils dessinent sur le pourtour des étoiles.

Frédéric Ballester
Directeur du Centre d’Art La Malmaison

Ceramic Sculpture / Sculpture céramique – 2010
Dim – H 45 cm  L 31 cm